Protégez votre propriété des néophytes

La Suisse compte plus de 600 plantes non-indigènes. Parmi ces néophytes, certains sont envahissants et causent des dommages économiques, sanitaires et écologiques. Les plantes autochtones peuvent disparaître et entraîner des coûts économiques. Certains néophytes peuvent également être à l'origine de problèmes de santé pour les humains et les animaux. Selon l'Office fédéral de la statistique, les coûts annuels de la lutte contre ces plantes s'élèvent jusqu'à 90 millions de francs suisses.

La propagation des ces espèces envahissantes non-indigènes s'accroît en Suisse, notamment en raison de la mondialisation et du réchauffement climatique. La Confédération appelle désormais aussi les particuliers à participer à la lutte contre les néophytes. Il y a environ 600 espèces de néophytes en Suisse, dont 58 sont envahissantes, et donc problématiques. Parmi elles, on en retrouve 17 dans les jardins suisses, dont 4 sont particulièrement répandues.

Vous pouvez désormais numériser directement une plante pour vérifier s'il s'agit d'un néophyte et en découvrir plus sur les 4 néophytes les plus courants dans les jardins suisses.

Les 4 néophytes qui envahissent les jardins suisses

1. Buddleja, lilas d'été ou arbre aux papillons (lat. Buddleja davidii)

Description et dangers

Le lilas d'été est un arbuste lignifiant qui peut atteindre plus de 3 mètres de haut. Il fleurit de juillet à septembre et produit jusqu'à 3 millions de graines par arbuste. En hiver, le gèle touche fortement ses branches mais sa tige survit généralement bien au froid et germe à nouveau au printemps. Il est originaire de Chine et du Tibet. Il est encore fréquemment vendu et planté comme plante ornementale. La plante se propage principalement par le vent.

L'odeur intense de la floraison attire de nombreux papillons d'espèces généralement répandues. Néanmoins, en colonisant les zones alluviales, le lilas d'été supplante la précieuse flore spécifique à ces écosystèmes. En conséquence, paradoxalement à son appellation, l'arbres aux papillons menace les espèces rares de papillons. En l'état actuel des connaissances, il n'est pas toxique pour les humains et les animaux, il n'est cependant pas comestible.

Buddleja

2. Le vinaigrier (lat. Rhus typhina)

Description et dangers

Le vinaigrier vient d'Amérique du Nord et peut atteindre une hauteur maximale de 8 m. Il est dioïque, c'est-à-dire qu'il existe des plantes mâles et femelles avec leurs fleurs correspondantes. On reconnait les jeunes pousses grâce à leur aspect densément poilu. Les couleurs automnales de ses feuilles sont très attrayantes et en font un arbre ornemental de prédilection. Le vinaigrier se propage principalement par rhizomes (tige souterraine) et peut former de grandes colonies.

Les rhizomes du vinaigrier peuvent être libérés avec la terre du jardin et ensuite se multiplier dans la nature. Cela a une influence défavorable sur l'habitat de la flore indigène. En outre, la sève du vinaigrier est légèrement toxique, il peut provoquer une inflammation de la peau et des yeux lorsqu'il est ingéré.

Vinaigrier

3. L'Ailante glanduleux (lat. Ailanthus altissima)

Description et dangers

L'Ailante glanduleux est originaire d'Asie de l'Est. Il peut atteindre 25 m de haut. Comme le vinaigrier, il est dioïque. L'arbre pousse vite et développe de nombreux drageons et tronçons de racines. Les drageons apparaissent surtout lorsque l'arbre est abattu. Il se propage aussi très efficacement par les semences.

À travers la terre du jardin, le drageon de l'Ailante glanduleux se multiplie dans la nature. Cela a une influence défavorable sur l'habitat de la flore indigène. L'arbre peut même pousser à travers l'asphalte et ainsi endommager les routes.

Ailante glanduleux

4. Le Laurier-cerise (lat. Prunus laurocerasus)

Description et dangers

Le laurier-cerise est originaire d'Asie, fréquemment planté en haies ou utilisé comme plante ornementale. C'est un arbuste à feuilles persistantes de 3 à 8 m de haut environ, les feuilles sont elliptiques, coriaces et brillantes, l'arbuste produit également de délicates fleurs blanches. Celles-ci apparaissent d'avril à juin et souvent à nouveau en automne. Le fruit est une petite drupe (cerise), noire à maturité.

Lorsque les déchets végétaux sont éliminés illégalement, le Laurier-cerise se retrouve dispersé dans la nature. Les oiseaux qui raffolent de ses cerises contribuent à sa dispersion. Attention, toute la plante, à l'exception de la chair du fruit, est toxique!

Laurier cerise